• Au nom de la Mort

     

    Quelque part, je cherche certainement à devenir une autre personne. Un nouveau moi... Certains me diront que c’est absurde et que je n’ai pas besoin de cela. Ma vie n’a rien d’attrayant, elle est même plutôt effrayante...
    Même si je venais à être entouré de monde, je finis constamment seule. C’est une simple souffrance immuable au fond de mon âme qui cherche à sortir par tous les moyens. Je la laisse me ronger chaque jour un peu plus, jusqu’à ce que la douleur soit insupportable et que je me blesse moi-même. J’ai beau me dire que ce n’est pas raisonnable, je perds tout contrôle de mon cœur. Le mal prend possession de moi et je ne fais rien pour l’arrêter.
    Du sang... il y en a partout, qu’importe où je pose les yeux. Je le vois... si attirant. J’ai besoin de le voir, de le goûter. Même pour une infime seconde. Alors je me sens en vie, quand la douleur s’accroît dans mon cœur. La solitude existe certes, mais ma vision a changé. Les ténèbres m’entourent de leur douceur, ils me réconfortent.... Je me suis senti rejeté tant de fois que je ne les compte plus. Je ne leur ressemble pas, je suis différente. Dans leur monde, je suis donc condamnée à finir seule, éloignée de tout. Si j’ai un destin, le mien est sombre, amer et glacial.

    Je m’approche tout doucement vers ma fenêtre, la pluie la martèle avec vigueur. Le soleil est caché par des nuages gris, sombres dans le ciel. Parfois, j’aperçois des éclairs qui zèbrent la toile noire. Dehors, cela ressemble à mon chaos intérieur. Le monde hurle avec moi en ce moment même. Cela me fait sourire... Posant ma main contre la vitre froide, j’éprouve un profond soulagement. Tout deviendra plus simple, si simple... Je n’aurai plus aucune raison d’avoir peur. Soudain, je ressens son souffle glacé dans mon cou. Je sais qu’elle n’attend que moi, que j’arrive à me décider. Est-ce si facile que cela ? J’ai fait de vaines tentatives, je n’ai jamais vraiment réussi. Peu importe, je sens que c’est le moment et je suis prête. Je me tourne en direction de mon bureau, où mon arme repose. Je suis alors attiré et l’agrippe fermement. Je lève la main pour l’admirer. Il s’agit d’une seringue contenant de l’eau et un médicament pour détendre les nerfs, une chose si pure, si facile à faire... D’un pas décidé, je me dirige vers la salle de bain, seulement vêtu de nuisette sombre. L’eau qui s’écoule dans la baignoire est désormais bouillante et n’attend plus que mon corps. Je m’installe confortablement, je serre la seringue dans ma main... Je sens l’aiguille me traverser, mes veines absorbent ce doux nectar. Mon corps tout entier me dit merci. Je me saisis alors d’une lame affutée. Je fixe une dernière fois mes poignets. D’un simple geste, je trouverais de nouveau ma liberté. D’un mouvement précis et définitif, j’entaille ma peau souple. Le sang jaillit en abondance, l’eau chaude a accéléré ma circulation sanguine. Et soudain, c’est la libération. Celle que j’ai attendue toute ma vie ! Ma vue se trouble, je sens le sang qui s’échappe pour se diluer dans l’eau. Tout est fini, il fait noir. Je ne ressens plus rien... A cet instant, la mort me tend sa main décharnée, je l’agrippe avec force. Plus jamais, je ne reverrai le monde dans lequel je suis née. Mais qu’importe, je vivrai toute autre chose. Ce n’est que le début... J’étais une âme égarée, je n’ai fait que retrouver mon chemin. Et retourner parmi les miens, les anges déchus...

     

    « Chapitre 9 - Sombres souvenirs Près de moi »
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