• Chapitre 2 - Kidnapping

    Duncan essayait d'ouvrir ses paupières, mais la douleur lancinante ne l'aida nullement. Après plusieurs tentatives infructueuses, il y parvint enfin. Seulement, ce fut l'obscurité qui lui faisait face. Il ne distinguait rien du tout ! La panique commença à l'envahir. La nuit était tombée et il allait finir déchiqueté, démembré ou dieu savait-il encore ! Il essaya tant bien que mal de se relever, mais ce fut peine perdue. Alors, une nouvelle information se fit jour dans son esprit. Il était ligoté aux mains et au niveau des chevilles. « Putain ! Il ne fait pas nuit ! J'ai été enlevé ! ». Cette pensée n'était franchement pas des plus réjouissantes non plus. Que diable ces types lui voulait-il donc ?

    Son corps était balloté au fil du cheminement du véhicule. Quelque chose lui disait que ce fichu camp de rescapés n'existait pas. Cela devait-être un leurre pour des pauvres abrutis crédules comme lui.
    Après quelques minutes de trajet, le véhicule s'arrêta enfin. Duncan entendit les portières qui claquent, des discussions animées entre les hommes avant que le coffre s'ouvre enfin ! Il en profita pour prendre une bonne goulée d'air, après cet emprisonnement dans cet espace restreint. Un homme de grande stature le dominait de sa hauteur, il portait un treillis militaire. Le crâne entièrement rasé, le gaillard lui fit un sourire machiavélique.

    - Bien dormi, princesse ?

    L'homme l'agrippa violemment par l'anorak pour le sortir du coffre sans ménagement. Il tenta de le poser sur ses pieds, bien que les jambes du jeune homme aient du mal à le maintenir debout. Tandis qu'il se baissa pour couper les liens autour de ses chevilles. A ce moment là, un autre homme vint les rejoindre. Moins impressionnant que son confrère, il possédait également une pseudo tenue militaire. Les cheveux bruns coupés court, il portait des lunettes de soleil.

    - Enfile-lui ça ! On n'a pas de temps à perdre. Le soleil va bientôt disparaître.

    Le gros musclé obéit promptement. Au moins, Duncan savait qui commandait au sein du quatuor. Bien que cela ne l'aiderai pas à sortir d'ici... L'homme lui enfonça un vieux sac de toile sur la tête, certainement pour ne pas repérer leur camp s'il arrivait à fuir. « Bordel ! Comme si j'étais assez futé pour ça ! » pensa-t-il en colère contre lui-même.
    Il sentit une pression sur son bras droit pour lui imposer le chemin à suivre vers un grillage. Du moins, c'est ce que Duncan supposait vu le son qu'il entendit. A part le bruit des bottes qui craquaient dans la neige, rien ne pouvait indiquer où il se trouvait à cet instant. Une porte en métal s'ouvrit face à lui, on le poussa avec vigueur à l'intérieur à tel point qu'il faillit s'étaler de tout son long. Le baraqué le rattrapa in extremis. Puis, on lui retira enfin sa cagoule improvisée, la lumière au-dessus de sa tête l'aveugla quelques secondes. Il plissa les yeux pour tenter de distinguer ce qui se trouvait ici.

    - Bienvenue dans ta nouvelle demeure, gamin ! Lança l'homme aux lunettes de soleil.

    Il s'agissait d'un pauvre hangar où se trouvaient des véhicules de toutes sortes. Que pouvaient-ils bien lui vouloir ? A quoi rimait tout ce cirque ?

    - Qu'est-ce que vous voulez de moi ?

    Les quatre hommes qu'il avait croisés sur la route se mirent à rire dans une parfaite synchronisation, tel un concerto.

    - De toi ? Rien du tout. Tu auras tes explications par tes petits camarades.

    Il fit un signe de tête à un homme posté près de la porte au fond à droite. Ce dernier l'ouvrit machinalement et patienta sagement que son chef termine son petit discours de bienvenue.

    - Profite pour bien dormir, tant que tu le peux encore.

    Un sourire carnassier vint s'afficher sur son visage. « Espèce de sale enflure ! », répondit intérieurement le jeune homme. Il savait qu'il n'allait pas survivre longtemps. Mais mourir de la sorte ? Enfermé au sein d'un groupe de cinglés ? Non vraiment, il pensait à tout, sauf à cela. Le baraqué enleva alors le reste de ses liens, puis le poussa vers la porte. De l'autre côté, le temps qu'il comprenne où il se trouvait désormais, la porte se referma avec fracas. Il entendit le bruit d'une clé qu'on tourne dans la serrure. Super ! Il était définitivement enfermé, ne sachant pas quand ces tarés allaient le tuer.

    Duncan reporta alors son attention sur cette nouvelle pièce. Chose qu'il n'avait pas remarqué en arrivant, c'était que plusieurs pairs d'yeux l'observaient attentivement. Bon sang ! Ils étaient plusieurs prisonniers ! Ce constat l'effraya davantage... Un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux noirs grisonnant aux tempes s'approcha vers lui, son visage affichait un air compatissant et affligé.

    - Salut... Désolé de voir encore une nouvelle personne nous rejoindre, dit-il en secouant la tête.

    - Où sommes-nous ?

    Il paraissait assez ennuyé de devoir donner des réponses aux questions du jeune homme. Mais il n'avait pas le choix. Il devait se dire qu'il était mieux de savoir, que de rester dans l'incertitude. Après tout, il avait dû vivre la même situation non ?

    - Dans un camp de la mort, souffla-t-il du bout des lèvres.

    - Quoi ?! C'est une blague ?

    Il secoua la tête en signe de négation.

    - Tu n'es vraiment au courant de rien ?

    - Au courant de quoi ? Qu'est-ce que je suis censé savoir ? répondit le jeune homme où l'hystérie était sur le point de l'envahir. L'homme en face de lui posa sa main sur son épaule en signe d'apaisement.

    - Comment t'appelles-tu ?

    - Duncan.

    - Moi, c'est Julian. Suis-moi dans l'arrière cour, je vais tout t'expliquer.

    Duncan était étonné de savoir qu'ils avaient le droit de sortir. Même s'il devait se douter que l'enceinte devait être close d'une quelconque façon. Le pas traînant derrière Julian, ils débouchèrent dans une grande cour. Comme Duncan l'avait supposé, cette dernière était barricadée de grillage électrique.
    C'est alors que le jeune homme se rendit compte de l'odeur nauséabonde du lieu. Même si avec le froid, l'odeur n'était pas aussi prononcée, Duncan la reconnaissait entre mille. La mort. Ses yeux parcoururent la cour plus attentivement, des lumières étaient allumées pour chasser la pénombre, laissant entrevoir son nouvel habitat. Une résidence bien lugubre. La première chose qui lui sauta aux yeux fut cet immense écran fixé au milieu de la cour. Mais la chose la plus étrange, furent les quatre piliers de bois qui lui faisaient face.

    - C'est ici que tout se passe, murmura Julian.

    Alors Duncan comprit. C'était ici que les cadavres étaient exhibés à la lumière du jour.

    - Et cet écran ? demanda le jeune homme.

    - C'est le responsable. Tu vas comprendre dans quelques instants.

    Tandis que les ténèbres s'épaissirent davantage et que la cour regroupait les prisonniers, l'écran géant s'alluma d'un seul coup, laissant entrevoir le bruit et les parasites sur sa surface lisse. Duncan fronça les sourcils. La vérité allait être bien plus étrange que toutes les théories qu'il avait entendus depuis le début des massacres.
    L'image s'intensifia pour devenir beaucoup plus net. On pouvait distinguer sur l'écran un homme de corpulence normal, où il était vêtu d'un sweatshirt à capuche lui cachant entièrement le visage, le maintenant dans la pénombre. Puis sa voix rocailleuse s'éleva dans la nuit glaciale, procurant au jeune homme une sensation de peur intense.

    - " Bonsoir à tous. Nous entamons une nouvelle nuit. Combien de nuits avez-vous su combattre jusqu'aujourd'hui ? Je présume très peu, n'est-ce pas ? * Rire diabolique * Il est temps d'ouvrir une nouvelle chasse dans vos camps. Qui seront les heureux élus de cette nuit ? Mes créatures vous trouveront ! Soyez-en sûr ! Que la partie commence ! "

    L'écran et les lumières s'éteignirent d'un claquement de doigts. Des cris et des sanglots retentirent immédiatement. Tandis que Julian attrapa Duncan par le bras, il lui hurla un seul ordre : " Cours ! ".

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