• Chapitre 7 - La riposte

     

    L'obscurité venait de reprendre ses droits sur les prisonniers. Offrant à leurs yeux, l'horreur que faisaient subir ces créatures chimériques. Depuis qu'il se trouvait dans ce lieu, Duncan savait que sa vie ne serait plus jamais la même. Parfois, il lui arrivait même de croire qu'il était mort et qu'il avait franchi le portail des Enfers. Parce que oui, il était en Enfer. Il ne pouvait pas en être autrement. Le diable s'amusait à les torturer selon son bon vouloir. Ils n'étaient que les pions d'un jeu, dont personne ne comprenait les règles. Y'avait-il seulement quelque chose à comprendre face à cette situation ?
    Ainsi, le jeune homme courait derrière Julian. Ce dernier l'avait encore une fois pris sous son aile, lui expliquant ce qu'il avait vécu la nuit précédente avec la créature qui s'était volatilisée. Son ami pensait pouvoir le protéger des attaques des monstres. Mais Duncan n'y croyait pas une seule seconde. L'espoir en lui de sortir vivant de cette prison s'amenuisait chaque seconde qu'il passait entre ces quatre murs.
    Des cris retentirent de part et d'autre de la bâtisse, où se mêlait également le hurlement des créatures. Le jeune homme senti même le sol qui tremblait sous ses pieds, comme-ci les cavaliers de l'apocalypse avaient surgit dans ce lieu de misère. Ces monstres étaient beaucoup plus nombreux, ils ne cherchaient qu'à dépecer le plus de personnes possible. Face à ce constat, il n'y avait plus grand-chose à faire.
    Face à eux, déboula soudainement une créature au corps plus imposant que ces congénères. Duncan eu l'impression d'avoir sa respiration totalement bloquée, comme-ci quelque chose appuyait sur sa cage thoracique. Pourtant, il s'agissait juste de la peur, la peur l'empêchait ainsi d'avancer, tétanisé à la vue du monstre. Il s'était stoppé derrière Julian, ce dernier d'ailleurs fixait la chose avec des yeux écarquillés. Apparemment, lui non plus n'avait jamais vu une bête de cette taille. Son corps se mouvait difficilement dans ce couloir exigu, pourtant petit à petit elle s'approcha dangereusement d'eux. Sa bave ensanglantée gouttait sur le sol, dévoilant des crocs puissants et tranchants. Ses yeux rouges brillaient d'excitation à la pensée d'avoir un bout de viande à se mettre sous la dent.

    Julian qui faisait bouclier pour le jeune homme, avait certes peur, mais il ne recula nullement. Le cerbère ignora royalement ce dernier pour poser son regard sur le jeune homme. D'un pas pressant, il bouscula Julian qui fut projeté contre le mur, à moitié sonné. Le temps reprenant ses droits, Duncan fit demi-tour pour détaler le plus rapidement possible. Seulement, l'énorme bête était juste derrière lui, il pouvait sentir sa respiration putride qui frôlait son dos. Y'avait-il pire que de finir entre l'étau d'une mâchoire monstrueuse ? Non. Pourquoi continuer à courir, si l'on savait que sa vie allait se terminer d'un instant à l'autre ? Presque résigné, Duncan ferma les yeux. Soudain, il crut qu'une bombe venait d'exploser à proximité de lui. Les détonations furent assourdissantes. Il n'entendait plus rien, sauf ce sifflement désagréable. Le couloir était en train de se transformer en véritable champ de bataille ! Difficile de croire qu'il pouvait s'en sortir indemne... N'est-ce pas ?

    * * *

    La chasse venait de débuter. C'était le moment ou jamais d'utiliser ce laps de temps comme distraction contre les pseudo-militaires. D'un bond rapide, la jeune femme sauta au-dessus de la grille. Évidemment, deux hommes armés furent à proximité et commencèrent à la canarder avec entrain. Sortant machinalement ses armes, elle riposta à son tour. L'une de ses balles explosa le crâne de l'un d'eux, laissant sa cervelle s'écraser dans la neige à moitié fondue. Tandis que l'autre se cacha derrière un mur du bâtiment sur sa droite, cela ne l'empêchera nullement de le débusquer. Kali patienta jusqu'au moment où le soldat sorti légèrement de son abri pour la mitrailler, seulement ayant l'œil plus aguerri, elle visa droit dans le globe oculaire gauche de l'individu.

    Le silence. Même si d'autres milices ne tardaient certainement pas à rappliquer, la jeune femme se dirigea droit sur le bâtiment. Elle se devait de libérer les pauvres victimes de l'oppresseur qu'était devenue l'Ombre. Aussi discrètement que possible, elle pénétra dans la bâtisse, puis longea les corridors, suivant le bruit des hurlements. Les cris stridents devenaient bientôt assourdissants. Le regard de la femme se posa sur les traînées sanglantes qui jonchaient le sol et les murs. C'était un véritable bain de sang. Elle continua son cheminement jusqu'à ce qu'elle vît une énorme créature au bout du couloir prête à broyer un jeune homme.

    Aussi vive que précédemment, Kali braqua son arme sur le monstre visant directement sa tête. Quand la balle atteignit la créature, cette dernière implosa dans une giclée de sang qui vint éclabousser le jeune homme toujours sous le choc. Elle s'approcha alors de lui, voulant s'assurer qu'il n'était pas blessé.

    – Hey toi ! Ça va ? Rien de casser ?

    Effrayé par le son de cette voix inconnu, Duncan sursauta violemment, reprenant ainsi pied dans la réalité. Une femme vêtue de cuir lui faisait face, le teint pâle dont les yeux bleus brillaient d'une colère flamboyante, le mit mal à l'aise.

    – Ça... ça va, bégaya-t-il lamentablement.

    Julian qui se redressa difficilement dut se retenir au mur pour garder son équilibre.

    – J'ai vraiment cru que ça allait fonctionner.

    Quand il croisa le regard de la jeune femme, il se pétrifia instantanément.

    – Qui êtes-vous ?

    – Je viens briser vos chaînes, dit-elle placidement. Cela fait quelque temps que je chasse ses militaires qui prennent les humains comme du bétail. J'ai dans l'idée qu'ils connaissent le responsable.

    Julian fronça des sourcils d'un air sceptique. Après tout, pouvaient-ils se fier à une parfaite inconnue tout droit sortie d'un film de science-fiction, vu son accoutrement ? Mais après tout, elle venait d'éliminer un de ces monstres, cela devait lui laisser le bénéfice du doute.

    – Vous parlez de l'Ombre ?

    – Oui.

    Elle arriva à la hauteur de Julian puis lui dit d'une voix toujours aussi éteinte :

    – Ce n'est pas parce que ces monstres ne pourchassent plus ceux qui n'ont pas peur de mourir que vous devenez un bouclier pour les protéger.

    Elle continua son chemin, comme-ci ce qu'elle venait de dire n'avait aucun impact sur lui. Comment pouvait-elle être au courant ? Il eut l'impression qu'elle avait lu dans ses pensées. Julian se dirigea droit sur Duncan qui était toujours dans un état second.

    – Tu vas bien ? Tu es sûr ?

    – Oui. Ça va, je vais me reprendre.

    La voix de la femme retentit jusqu'à eux.

    – Dépêchez-vous de me suivre. D'autres créatures arrivent !


    Il ne fallut pas plus de temps aux deux hommes pour emboîter le pas à la nouvelle arrivante. Duncan se sentit brusquement inutile, pire que cela, il était devenu un poids mort. Julian savait être courageux pour se débarrasser de ces monstres, tandis que cette femme se battait comme une guerrière et lui n'avait même pas était fichu de sauver une petite fille. Il avait été seulement capable de fuir et de ne penser qu'à lui. Pourtant malgré sa honte, il suivait cette femme, cette protectrice venue de je ne sais où ! Pourrait-il un jour se débarrasser de sa peur pour devenir lui aussi un combattant redoutable au lieu d'être l'éternel fuyard ?

    * * *

    Varek était hors de lui. Comment cette femme avait-elle réussi à pénétrer dans l'enceinte ? De plus, elle avait tué deux de ses hommes ! Il était clair qu'elle allait finir par ressortir, il avait dépêché plusieurs hommes aux diverses sorties. Ils n'auraient plus qu'ainsi à la cueillir et l'achever.
    C'était la première fois qu'on venait le défier sur son territoire depuis que cette curieuse chasse avait débuté. Cela serait certainement la dernière, il comptait bien faire d'elle un parfait exemple. Muni d'un talkie-walkie, il donnait ses instructions pour mener à bien sa mission. S'il n'arrêtait pas cette conne, il allait mourir et cela il en était hors de question. Il appuya alors sur le bouton de transmission avant d'aboyer un nouvel ordre à ses unités.

    – Si les détenus sortent, tuez-les tous sans exception.

    Après tout, il pouvait aisément retrouver d'autres paumés dans le coin. Cela serait certainement plus difficile, mais pas impossible. Varek avait toujours aimé relever des défis, celui-ci n'était qu'un de plus sur son chemin.
    Soudain, des tirs retentirent à l'arrière du bâtiment, une salve ininterrompue venait brouiller l'accalmie ambiante. Puis, ce fut des cris stridents qui éclatèrent, quand enfin le silence s'abattit à nouveau. Aussi tôt, Varek appuya sur le bouton de son Talkie-walkie.

    – Unité 2, répondez !

    Aucune réponse. Il réitéra l'opération, mais ce fut toujours le silence. Merde ! Ses hommes avaient dû croiser le chemin d'une créature... L'immunité ne tenait qu'à l'extérieur du bâtiment, normalement. Alors pourquoi subitement, ces sales bestioles attaquaient-elles ? L'Ombre avait dû décider de ne plus faire de différence.
    La porte en face d'eux s'ouvrit avec fracas. C'est alors que la femme tenta de tuer les soldats à proximité. Certains reçurent des balles directement dans le crâne, elle était vraiment rapide ! Ils ne pouvaient faire autrement que de se mettre à l'abri. C'est à cet instant que Varek s'enfuyait déjà vers son bureau pour récupérer des armes et quitter ce lieu de malheur.

    * * *

    Cette femme était vraiment redoutable. Elle venait de tuer une unité à elle seule. Occupée à recharger ses armes, elle fixait toujours les ténèbres, guettant le moindre bruit suspect. Julian, Duncan et deux femmes étaient postés derrière elle, restant à l'abri d'une future menace.

    – C'est bon, lança Kali. Est-ce que quelqu'un sait où se trouve le chef et les armes ?

    Julian se redressa pour se diriger vers elle, impatient de pouvoir se venger de leurs tortionnaires. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas éprouvé tant de haine, il ne désirait qu'à cet instant pouvoir assouvir sa vengeance.

    – Je pense que l'armurerie se trouve sur la droite. Ils n'arrêtaient pas de faire des allers-retours. Si leur chef s'est enfui, il doit s'être cloîtré dans son bureau. C'est le bâtiment de l'autre côté à gauche.

    Kali qui observait toujours les alentours pour se repérer au milieu de ce grand site, qui devait être à l'origine d'anciennes usines, cherchait le meilleur parcours. Après un rapide calcul, il n'y avait pas diverses solutions.

    – Très bien. Je vais aller l'achever ! Allez récupérer des armes ou même des vivres si vous en trouvez.

    Julian hocha la tête, puis fit signe aux seuls rescapés de cet Enfer de le suivre. Duncan supportait le poids de sa camarade, une jeune fille blonde qui avait été blessée à la jambe durant leur fuite, tentèrent de se diriger vers l'armurerie.
    Elle s'appelait Megane. Elle devait certainement avoir le même âge que lui. Peu importe, il désirait simplement venir en aide à quelqu'un, devenir un homme plus courageux. Son regard dévia vers Lise, la mère de Jessie. Elle était encore sous le choc de la disparition de sa fille, après tout qui pourrait lui en tenir rigueur ? Certainement pas lui... Il n'avait pas su sauver la petite, il avait seulement réussi à fuir pour sauver sa peau. Alors, il s'accrochait à la jeune fille, inconsciente que c'était elle qui maintenait le cap dans la bonne direction. Elle était sa bonne action, son retour sur le droit chemin.
    Arrivé devant la bâtisse, Duncan aida la jeune femme à s'asseoir contre le mur. Julian quant à lui entraîna doucement Lise contre la paroi pour qu'elle reste à couvert. Le quadragénaire se dirigea vers la porte qui était, sans grandes surprises, fermement close.

    - Merde ! jura-t-il tout haut.

    La jeune femme blonde releva ses yeux vers lui, arquant un sourcil.

    – Aide-moi, lança-t-elle à Duncan.

    Malgré les questions qui lui venaient à l'esprit, il tendit la main dans sa direction et la tira de toutes ses forces. Megane poussa un grognement de douleur, mais arriva à se maintenir sur sa jambe valide. Elle clopina jusqu'à la porte, puis fouilla dans la poche arrière de son jeans troué. Elle en ressortit des crochets très particuliers, puis qu'il s'agissait de « pick hook » : des crochets qui permettaient d'aligner les goupilles d'une serrure un peu récalcitrante. Julian fronça également les sourcils, signifiant clairement qu'il connaissait l'astuce. Même si Megane remarqua leurs regards, elle n'y prêta pas attention. Elle se concentra sur sa tâche, tentant d'ouvrir la porte.
    Au bout d'une trentaine de secondes, la serrure céda. Julian s'avança vers la porte et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille pour la remercier. Duncan entraîna Lise dans son sillage, puis ils pénétrèrent à l'intérieur du nouveau bâtiment.

    Le lieu était totalement encombré d'armes diverses. Les pseudo-militaires avaient dû piller plusieurs armureries et personnes pour avoir tout ce stock. Ils entreprirent de choisir les meilleures armes, ainsi que diverses munitions. Julian récupéra des grenades incapacitantes. Du coin de l'œil, Duncan remarqua son vieil ami : son colt python noir. Il s'en saisit promptement, le poids de son arme le rassura. Comme-ci, il s'agissait d'un vieux doudou qui venait le réconforter la nuit. Il en profita également pour récupérer des munitions 357 magnums à ogive en pointe creuse, très efficace à longue distance.

    - Tout le monde arrive à utiliser une arme ? demande Julian.

    Tout le monde acquiesça, sauf Lise qui était totalement dans un autre monde. Duncan s'interrogeait : comment ces trois personnages pouvaient-ils savoir manier une arme ? D'après l'allure de Julian, il devait certainement travailler dans les forces de l'ordre. Il ne lui avait jamais demandé, tandis que Megane, sa prouesse pour ouvrir des portes devait flirter dans de sombres affaires. Est-ce que cela importait vraiment ? Le monde n'était plus que chaos... Toute aide était la bienvenue.

    – Très bien, murmura Julian. Il est temps pour nous de fuir cet enfer ! Essayons de récupérer un véhicule.

    * * *

    Kali se dirigea à pas feutré vers le bâtiment du chef de gang. Depuis le début de cette étrange invasion, elle avait mis un point d'honneur à éliminer ces camps d'extinction. Aucun être au monde n'avait le droit de vie ou de mort sur autrui. Mais avant de tuer ce barbare, elle devait apprendre l'identité de cette fameuse « Ombre ». C'est pour cela qu'elle cherchait sans cesse la réponse auprès des représentants de ces camps.
    La jeune femme se posta contre le mur pour se protéger d'éventuels assaillants. Elle tendit sa main en direction de la poignée, puis la tourna lentement, soudainement une rafale de balles traversa la porte. Elle se plaqua au sol pour esquiver le flot qui ne se tarissait pas. Elle allait devoir être rapide et précise. Brusquement, elle effectua une roulade pour aussi tôt se mettre à l'abri derrière une paroi de brique. Elle braqua ses armes vers le tireur, puis riposta promptement. De son œil aguerri, elle visa la jambe de l'homme, un cri de douleur vint confirmer qu'elle avait atteint sa cible. Les rafales de balles s'arrêtèrent, seul le souffle rauque de son agresseur se fit entendre dans la salle.

    Kali se dirigea vers l'homme qui avait les mains maintenues au-dessus de sa plaie à la cuisse. La sueur ruisselait sur son visage qui affichait un masque de douleur. « Tant mieux » se dit-elle. C'était la moindre des choses pour ce qu'il avait fait subir à ces pauvres gens. Elle fixait d'un regard glacial, braquant toujours ses armes sur lieu, prête à riposter au moindre geste.

    - Où se trouve l'Ombre ? demanda-t-elle promptement sans vouloir connaître davantage ses raisons.

    Malgré la douleur, Varek releva son visage vers la femme en cuir. Ses yeux bruns reflétaient toute la haine qu'il éprouvait pour elle à cet instant.

    – Même si je le savais, pourquoi te le dirais-je ?

    – Si tu tiens réellement à la vie, tu le feras, lui répondit-elle en ricanant.

    « Putain, le pire c'est qu'elle a raison », pensa-t-il. Il ferrait n'importe quoi pour survivre dans ce monde qui avait sombré dans les ténèbres d'un seul homme. Le problème était qu'il ne connaissait pas son identité ni sa position. Il n'en avait qu'une vague idée.

    – Il brouille les pistes. La seule chose que je sache, c'est l'endroit où sont réceptionnées les annonces. Il y a une tour de réception radio à quelques kilomètres d'ici. Peut-être que sur place, tu pourras savoir d'où proviennent les annonces.

    – Très bien, alors tu vas m'y emmener.

    Kali se pencha vers lui, mettant toute la haine qu'elle pouvait dans sa voix en lui murmurant :

    – Mais si tu tentes quoi que ce soit, je te tue. Sache que je prendrai tout mon temps pour le faire, la mort sera une juste récompense.

    Varek savait qu'elle ne plaisantait nullement. Il ferait mieux de lui obéir et attendre la meilleure occasion pour s'enfuir. Parfois, il fallait savoir reconnaître sa défaite.
    Kali lui laissa le temps de panser sa blessure. Heureusement, la balle avait traversé sans faire de réels dégâts. Quand il fut plus ou moins soigné, il se remit debout avec quelques difficultés, clopinant vers la sortie sans armes ni protections, à part la présence de cette femme.

    Une fois à l'air libre, Kali remarqua le Humvee dont le moteur ronronnait dans la nuit glaciale. Julian était au volant, il lui faisait signe de grimper à l'arrière. Quand son regard se porta sur Varek, il descendit brusquement braquant son arme sur le pseudo-militaire.

    – Qu'est-ce qu'il fout encore en vie ?! pesta-t-il.

    – Il va nous aider à retrouver « L'Ombre », lui répondit calmement Kali.

    Nullement satisfait de cette réponse, son arme était toujours pointée sur l'homme.

    – Pourquoi vouloir le chercher ? Le mieux de tout, c'est de fuir.

    – Fuir ? Pour aller où ? Ce taré a mis mainte basse sur quasiment tout le continent. La meilleure solution, c'est de le retrouver et l'éliminer.

    – À quoi cela t'avance-t-il ? Pourquoi toi ?

    – Il faut bien que quelqu'un se dévoue. Je n'ai pas l'âme d'un quelconque héros, mais il faut bien tenter quelque chose. S'il n'y a plus d'espoir, que nous reste-t-il ?

    Étrangement, les mots de la jeune femme le touchèrent au plus profond de lui-même. L'espoir. Lui-même n'y croyait plus depuis plusieurs jours, pourtant cette femme en était convaincue. Il était encore possible de rebâtir la civilisation qu'ils avaient connue autrefois. Alors, il baissa son arme. Julian prit le risque de faire confiance à cette étrangère qui espérait à des jours meilleurs.

    – Très bien, si c'est ce que tu désires. Je t'aiderai au mieux.

    Brusquement, un hurlement strident vint briser le silence de la nuit, le sol se mit à vibrer dangereusement. C'était comme un tremblement de terre qui venait confirmer que la fin du monde était proche. Varek semblait pâlir à vue d'œil face à ce nouveau hurlement.

    - Qu'est-ce que c'est ? lui demanda Julian.

    Il eut de la difficulté à déglutir avant de lui répondre d'une voix angoissée.

    – L'exterminateur.

     

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