• Lost Control

     

    J’ai peur.
    Peur que mon monde ordonné soit bouleversé par un imprévu, quelque chose qui viendrait s’immiscer dans mon monde. Le monde que je contrôle, celui dont je suis le maître.
    Tout a été prévu depuis le début.
    Qui oserait venir troubler mon bien-être ? Serait-il capable ensuite de pouvoir m’enchaîner, pouvoir m’arrêter ?

    « Avoue que tu as peur de perdre le contrôle ? »

    « oui »

    Tout est facile pour les autres, même si leur quotidien est bouleversé par une simple petite chose, ils s’en contentent, modifient leur vie en fonction de ce qu’ils leur tombent dessus.
    Ce n’est pas mon cas ! Si je perds le peu de contrôle que je possède sur moi-même, qui sait où j’en serais aujourd’hui. Qui sait ce que je serais capable de faire ?

    « Tu connais toutes ses réponses. Pourquoi ne pas dire ce qui te chagrine ? »

    Le miroir qui me fait face, fait écho à mes peurs les plus profondes. Ce reflet qui me fait horreur et dont l’image devient insupportable au fil du temps. Je n’ai pas le choix. Le contrôle avant tout.
    Cette voix qui tambourine les parois de mon crâne m’insupporte. Cette voix tout particulièrement. Un imprévu.

    « C’est de ta faute », lui répondis-je.

    Mes poings se serrent de rage, je n’aime pas quand on s’immisce dans ma vie. Certaines choses doivent rester cachées. Elle n’avait pas à venir s’introduire ainsi, sans me prévenir. Je n’ai pas compris son intérêt soudain de m’aider. Avais-je vraiment besoin d’aide ? Non.
    Je contrôle tout. Quand elle a su la vérité, j’ai dû prendre de nouveau le contrôle de ma vie. De force, sans once de pitié. La violence dont j’ai fait preuve, son crâne qui s’est brisé au premier choc. Tout était prévu, coordonné pour reprendre le contrôle.

    « Il est beau le résultat », me murmure toujours sa voix glaciale.

    Le miroir reflète toujours l’image de cet homme fou, les mains serrées autour du manche de la hache, dont le sang perle encore sur le plancher. Il suffit de remettre de l’ordre dans cette pièce, de cacher les preuves. Tout sera de nouveau en ordre.
    Je me lève en direction du jardin, où la parcelle de terre attend son dû. Du moins ce qu’il en restait, des morceaux sanglants.
    Je prends le dernier morceau du corps dans ma main, il s’agissait d’une main féminine. La femme est curieuse par nature, le résultat se retrouve toujours au fond de mon jardin. D’un soupir las, je jette ce morceau de chair parmi le reste du corps. Petit à petit, je recouvre cette chose immonde de terre. Rien n’aurait pu supposer que des cadavres se trouvaient ici, rien sauf moi.

    Tout est de nouveau en ordre. Mais pourquoi ai-je autant peur ?
    Cette voix qui ne me quitte pas me harcèle jour et nuit... C’est de sa faute ! A elle et à tous ces yeux morbides qui me regardent depuis leurs tombes.
    Finalement arriverai-je toujours à garder le contrôle ?

    « Non, tu n’y arriveras pas ! Tu finiras par venir nous rejoindre, ici-bas ! »

    Je n’entendis plus que les rires sardoniques, plus aucun autre son ne me parvint jamais. L’éternité est une constante moquerie...

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